François Cheng, premier écrivain d'origine chinoise élu à l'Académie Française.
Le 13 Juin 2002, l’écrivain et l’essayiste d’origine chinoise, François Cheng, a été élu à l’Académie française au fauteuil de Jacques de Bourbon-Busset (décédé le 7 Mai 2001).
François Cheng est né en Décembre 1929 à Nanchang, dans une famille de lettrés. Il quitte la Chine en 1949 pour la France. Il étudie alors quelques années à la Sorbonne et à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes où il se lie d’amitié notamment avec Jacques Lacan, Roland Barthes, et Julia Kristeva. Naturalisé français en 1971, il commence, trois ans plus tard, à enseigner la littérature et l’esthétique chinoises à Paris VII, puis à l’Ecole des Langues Orientales.
Traducteur réputé en chinois des oeuvres de Baudelaire, Rimbaud, Apollinaire, Char, Malraux ou Laforge, François Cheng, dans le même temps, a fait connaître en France la puissance de la poésie chinoise. Les trois ouvrages qu’il lui a consacrés sont considérés par la critique comme des classiques : L’Ecriture poétique chinoise (Seuil, 1977), Vide et plein : le langage pictural chinois (Seuil, 1979) , De l’arbre et du rocher (Fata Morgana, 1989), Entre source et nuage, la poésie chinoise réinventée (Albin Michel, 1990).
Chaque recueil de ses poèmes rencontre un public fervent, notamment Trente-six poèmes d’amour (Unes, 1997), Cantos Toscans (Unes, 1999), ou Double Chant (Encre Marine, 1998 – nouvelle édition 2000 – prix Roger Caillios), Qui dira notre nuit (Arfuyen, 2001).
L’être de langage, poète, traducteur, essayiste, est également un homme sensible à l’art pictural et calligraphe de grand talent comme l’illustre son ouvrage Et le souffle devient signe (L’Iconoclaste, 2001). Ses ouvrages illustrés ont permis à bien des lecteurs d’entrer dans la compréhension de la peinture chinoise : l’Espace du rêve : mille ans de peinture chinoise (Phébus, 1980), Chu Ta : le génie du trait (Phébus, 1986), Shitao : la saveur du monde (Phébus, 1998, prix André Malraux), D’où jaillit le chant : la voie des fleurs et des oiseaux dans la tradition des Song (Phébus, 2000).
En tant qu’écrivain, la consécration est venue avec son premier roman, Le Dit de Tianyi (Albin Michel, 1998) qui a reçu le prix Femina et a été traduit dans le monde entier. Ce récit à caractère autobiographique lie la quête spirituelle à la double initiation aux arts chinois et occidental. Son dernier roman, l’Eternité n’est pas de trop (Albin Michel) paru en Février 2002 continue sous le masque de l’histoire, la même quête. En 2001, l’Académie française lui avait décerné le Grand Prix de la francophonie.
« Quand j’ai opté pour la langue française, cette langue est devenue ma vraie patrie. La France m’a permis d’avoir cette possibilité d’aller en profondeur jusqu’à l’essence des choses » explique-t-il.