Heureusement, le travail nous a donné une telle bonne excuse
Ceux qui n’aiment les week-ends ont un point commun – ils ne se sentent pas bien en week-end, même si ce n’est pas pour la même raison.
En effet, tout le monde partage leurs problèmes – mais eux se cachent derrière le travail pour ne pas avoir à les prendre en considération Il y a beaucoup de cas similaires à FANG Xiaoke et Xiaoyu : ceux qui sont désespérés par conjoint et font des heures supplémentaires pour éviter les conflits, ceux qui suivent des formations continues et déposent leurs enfants chez les grands parents pour se décharger de leur responsabilité parentale.
C’est pour cela qu’on dit qu’heureusement il reste le travail. Sinon, nous nous retrouverions face à nos problèmes ! Aujourd’hui, le travail est la chose la plus importante et passe avant la vie privée : c’est la règle implicite dans la vie en société. Quand nous substituons le travail aux autres principes de la vie, la raison en est donc légitime. Cette logique remonte à notre enfance.
« Si tu travaille bien, le reste ne sera pas un problème. » Pour les jeunes qui entrent dans la vie active, cette phrase est bien connue. Elle résume l’éducation que nous avons reçue quand nous étions petits. L’étude est au cœur de la vie. Si les études se passent bien, tout va bien. Tout le reste, les centres d’intérêts, les relations personnelles… c’est secondaire, il ne faut pas s’en préoccuper.
Marqués par cette affirmation, nous avons pris la mauvaise habitude de n’être sérieux qu’en ce qui concerne le travail, pour tout le reste nous demeurons apathiques. Si notre patron nous fait une remarque, on ne mange pas bien pendant plusieurs jours et on cherche une solution. Mais si on rencontre un petit problème dans la vie (et pas forcément un « petit » problème), comme la solitude, l’ennui, la tension avec la famille, la plupart du temps on ne le considère pas sérieusement, on se couche en se disant que ça ira mieux demain.
Mais le problème n’est pas résolu, alors pourquoi cela irait-il mieux ? C’est simplement que le lendemain plus personne n’y pense car chacun se précipite au travail. Par conséquent, pour certains, le monde du travail est un monde bien agréable. Grâce aux techniques professionnelles qu’ils maîtrisent de mieux en mieux, ils s’investissent à fond dans le travail, ils essaient d’obtenir le maximum de succès et de reconnaissance pour compenser les insuffisances de leur vie privée.
Mais le vœu ne se réalise pas, et on n’ose pas affronter la réalité.
Y a-t-il vraiment quelqu’un qui aime faire des heures supplémentaires sans être rémunéré ? A part l’évasion, nous sommes à bout de ressources. FANG Xiaoke a besoin de compagnie, Xiaoyu souhaite profiter de sa vie de célibataire. Ils ont un beau rêve, mais sont impuissants à le réaliser.
Le problème des personnes qui vivent l’angoisse du week-end : ce n’est pas qu’ils aiment travailler, c’est qu’en dehors du travail, ils ne font rien de bien. Ce sont peut-être des professionnels du boulot, mais côté vie privée, ce sont des amateurs ! Durant la semaine ils sont entraînés par l’élan collectif, mais le week-end, ils ne savent pas comment tuer le temps.
A chacun ses problèmes. Peu importe le caractère de FANG Xiaoke ou sa manière de communiquer, peu importe les relations entre Xiaoyu et ses parents, leurs problèmes ne sont pas apparus du jour au lendemain. Si nous voulons changer, il faut faire des efforts. Cependant, ce qui diffère du monde de travail, c’est que nous sommes moins motivés pour « rendre la vie plus heureuse ». Il faut agir de notre propre volonté, personne ne nous pousse à faire des efforts. Et, même si nous avons des pressions extérieures, comme les doléances des parents, de l’épouse ou de l’enfant, c’est moins important que lorsque les pressions viennent du patron ou des clients.
D’autre part, les gens ne sont pas capables de résoudre leurs propres problèmes – de rechercher une meilleure communication avec les amis ou la famille par exemple. Ce qui est bien dommage, car si nous sommes prêts à passer du temps à améliorer les techniques de travail ou la gestion financière, nous ne voulons pas en consacrer à nous rendre la vie plus heureuse.
Par conséquent, les petits problèmes de la vie demeurent non résolus. Les gens trouvent que la vie n’est pas idéale bien sûr, mais que c’est encore supportable. Jour après jour, on se satisfait de ce qui est passable. Regardez tous ces gens qui se réunissent pour dîner, aller au bar et chanter, ils ne vont pas mieux que nous ; nous avons moins de regrets car nous sommes plus conscients de nos problèmes.
Faut-il toujours se dérober?
Les psychologues constatent qu’il n’est pas possible d’ignorer les petits problèmes de la vie. Ce qui provoque des dépressions : d’une part il y a des évènements importants comme la perte d’un emploi, un divorce, etc. d’autre part tous les petits problèmes de la vie quotidienne. Ces derniers se répètent sans cesse, ce qui nous rend malheureux, et l’accumulation des humeurs sombres devient un grand problème.
Les problèmes de la vie ne pourront jamais être résolus par le travail. Prenons un exemple : nous avons toujours une bonne note en maths, mais si nous ne travaillons pas en français, et nous ne pouvons donc pas réussir dans cette matière. Ces dernières années, selon les recherches des psychologues, le mode de vie qui peut rendre les gens plus heureux, c’est celui fait d’équilibre entre le travail, les relations personnelles, un bon état de santé et de la bonne humeur. C’est cet équilibre qui détermine la qualité de vie, et pas le quotient intellectuel ou les revenus. Celui qui a une bonne santé et une bonne humeur répartit judicieusement ses énergies dans tous les domaines de sa vie, il ne néglige rien.
Si vous êtes énervés par les week-ends, ne vous précipitez pas, calmez-vous et posez-vous les bonnes questions : ai-je besoin d’amis ? Par quoi suis-je intéressée ? Y-a-t-il quelque chose que je n’ose pas affronter ? Changer est toujours difficile. Mais peut-on continuer à se dérober devant la difficulté ?