Ou ma K’i, nommé Cheu, disciple de Confucius. D’après, les usages, un homme et une femme, dont les familles portaient le même nom, ne se marient pas ensemble. Or les familles princières de Lou et de Ou s’appelaient toutes deux K’i. Le prince de Lou, pour cacher le nom de famille de sa femme, l’appela Ou meng Tzeu, comme si elle avait été fille du prince de Soung, dont le nom de famille était Tzeu. Confucius ne pouvait se permettre de dire que son prince avait mal agi ; d’un autre côté, il ne pouvait dire que celui qui avait épousé une femme de même nom que lui connût (et observât) les usages. Pour cette raison, il laissa croire que sa réponse était blâmable, et ne chercha pas à s’excuser. S’il avait censuré ouvertement la conduite de son prince, il aurait manqué au devoir d’un sujet fidèle. S’il n’avait pas dit qu’il avait mal répondu, il aurait paru méconnaître une loi concernant les mariages. On voit que le maître dans sa réponse a atteint la perfection au moyen d’un détour. En s’accusant lui-même, il dit : « Le plus grand malheur qui puisse arriver à un homme, c’est de n’être pas averti de ses fautes. Moi, j’ai un bonheur particulier ; si je commets une faute, elle ne manque pas d’être connue. Lorsqu’elle est connue des autres, j’en suis informé ; je puis changer de conduite, et me rendre irréprochable. N’est-ce pas un très grand bonheur pour moi ? »
1. Telle est la traduction la plus couramment admise du terme chinois Tch’enn seu-pai. Certains y voient aussi le nom d’une personne dont l’identification n’a pas encore été établie. Nous ne saurions donc opter pour l’une ou l’autre version (MBC).
2. Dont la famille s’appelle K’i.
VII.31. Lorsque Confucius se trouvait avec d’habiles chanteurs qui exécutaient un chant, il le leur faisait répéter et les accompagnait.
VII.32. Le Maître dit : « J’ai peut-être autant d’érudition qu’un autre ; mais je ne suis pas encore parvenu à agir en homme honorable. »
VII.33. Le Maître dit : « Oserais-je penser que je possède la sainteté ou la Vertu [suprême] ? Mais, tout ce que je puis dire, c’est que je m’y attelle sans jamais en éprouver de dégoût, et les enseigne sans jamais me lasser. » Koung si Houa dit : « Ce sont précisément deux choses que nous autres, disciples, ne parvenons pas à apprendre. »
VII.34. Confucius étant gravement malade, Tzeu lou lui proposa de réciter des prières [propitiatoires]. Le Maître dit : « En existe-t-il ? » Tzeu lou répondit : « Il en existe. Dans les Oraisons funèbres il est dit : “Nous vous supplions, esprits du ciel et de la terre...” » Le Maître répliqua : « Il y a longtemps que je prie. »
« En effet, prier, ce n’est autre chose que se corriger de ses défauts, et solliciter ainsi le secours des esprits. Moi, tous les jours, si j’ai quelque défaut, je le corrige ; je m’amende en fonction du bien. Ma prière est vraiment continuelle. Comment aurais-je attendu jusqu’à aujourd’hui pour prier ? »
VII.35. Le Maître dit : « La prodigalité conduit à l’arrogance, et la parcimonie à l’avarice. L’arrogance est pire que l’avarice. »
VII.36. Le Maître dit : « Le sage est calme et serein. L’homme de peu est toujours accablé de soucis. »
VII.37. Le Maître était affable mais ferme, imposant mais sans dureté ; courtois mais sans affectation.